Charles de Gaulle
'Vaste Programme'
Huile sur toile de lin
55 x 46 cm
2015

Ce portrait est une reprise à l'huile d'une photographie en noir et blanc que l'artiste a trouvée intéressante pour plusieurs raisons.
A commencer par les yeux. On ne peut s'abstenir de se demander ce qui se tramait dans la tête du personnage au moment de la prise.
Ces lourdes paupières révèlent-elles une forme de contentement ? Suscité peut-être par le plaisir, simple et éphémère, de « s'en griller une » vite fait, dans un moment de plénitude ?
Ou serait-ce de l'amusement ? Un léger sourire de complicité échangé avec le photographe ?
Ou peut-être peut-on lire la satiété. Le regard béat que l'on affiche après un copieux repas arrosé d'un soyeux bourgogne ?
Pourrions-nous même percevoir une forme de soulagement ? L'homme se remémore-t-il les jours sombres de 1940, quand il se retrouva presque seul et condamné par contumace par le régime de Vichy ?
Peut-être est-ce tout cela en même temps...
Un autre détail qui interpelle : ce n'est pas souvent que l'on se remémore le Général de Gaulle en habit civil. On a toujours un peu tendance à l'associer à son uniforme.
Toujours est-il que de Gaulle offre un visage intéressant pour un portraitiste : un menton substantiel, des paupières affaissées et des oreilles d'une taille respectable en font un sujet stimulant. Rien n'est plus déprimant pour un portraitiste qu'une tête lisse et sans traits marqués.
Sous le monogramme de l'artiste, on peut lire "Vaste programme !"
Une exclamation prêtée au général à la vue d'une inscription dépeinte sur le pare-brise d'une jeep. Jeep qui appartenait à Raymond Dronne, un officier français à la tête d'une unité qui entra dans Paris le 24 août 1944. "Mort aux cons" n'était pas tant une référence aux occupants allemands. Cela s'adressait surtout aux Français qui avaient collaboré avec l'ennemi.
"Vaste programme" sous-entend que leur nombre n'était pas négligeable !
Peut-être faut-il interpréter cette mine pensive comme étant celle d'un homme méditant la question...



